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[Background] Philios Amane - Ars Magica
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Arik
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MessagePosté le: Ven 3 Avr - 09:44 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Bonjour tout le monde !

Voilà, j'ouvre mon premier topic officiel pour partager avec vous ce que j'écris à propos d'un certain Philios Amane. Pour contextualiser un petit peu ces texte et ce personnage, il faut savoir que je me suis lancé il y a quelques années dans le Jeu de Rôle. De Donjons & Dragons à l'Appel de Cthulhu en passant par le Jeu de Rôle de la Terre du Milieu (plus connus sous le nom de JRTM, un dérivé du système RoleMaster pour les connaisseurs), et donc plus récemment à un jeu qui s'appelle Ars Magica.

Le jeu prend place, à la base (car cela peut être modifié, selon la volonté du Maître de Jeu), en Europe, en plein mileu du Moyen-Age (vers le 12e siècle pour être précis). Sauf que dans cet univers, la magie est bien présente, quoique fortement redoutée par le commun des mortels (chasse au sorcières et autres réjouissances). Je ne vais pas tout vous révéler aujourd'hui, car vous prendrez peut être plaisirs à découvrir cet univers au côté de Philios, qui n'est autre que mon personnage pour cette campagne.

Aujourd'hui, je poste une sorte de prologue pour le Background de Philios. Cela n'aura au premier abord pas forcément de lien avec les quelques premiers chapitres, mais pourra avoir une grande importance par la suite.

Désolé si c'est un peu long, j'essayerai de poster des passages plus courts pour les prochaines fois. (NB: PoV=Point of View. Il s'agit du personnage "point de vue", c'est à dire le personnage que l'on va suivre durant le chapitre)


------------------------------------------------------------------ 
 
Prologue (PoV: Philios) 
 
 
 
              La première fois que j’ai vu un Armure, je devais avoir cinq ans. Et oui, la majuscule et le masculin ont leur importance. En effet, je ne parle pas seulement de l’attirail dont s’affublent les personnes qui se disent chevaliers, alors qu’ils n’en ont que le titre. Je parle  en fait de ces guerriers d’élites que l’on dit supérieurs en tout point à un guerrier humain. Oh, humain, ils le sont certainement, mais les légendes qui racontent leurs exploits au combat les élèvent bien au-dessus d’un combattant classique.
                Comme vous l’aurez aisément compris, les Armures ne ressemblent pas à de vulgaires soldats que l’on peut croiser un peu partout dans le royaume. Ils sont d’une toute autre trempe. Engoncés dans leurs armures, justement, des pieds à la tête, pas un seul centimètre carré de leur corps n’est visible, pas même leurs yeux. Un proverbe populaire dit d’ailleurs que « si tu croises le regard d’un Armure, c’est qu’il vient probablement de te tuer ». Pas très encourageant n’est-ce pas ? D’ailleurs une longue épée rangée dans un fourreau décoré pend à leur côté, ce qui a généralement tendance à décourager les curieux. S’ils s’en servent aussi bien que dans les récits, ils doivent effectivement faire de sacrés trous dans les rangs ennemis.

                Ces puissants guerriers sont généralement engagés au service d’un noble de haut rang afin d’assurer sa sécurité, ou par de riches marchands pouvant se permettre d’acheter leurs services. Mon père, Phileas de la Maison Amane n’est pas un riche marchand, et même s’il jouit d’un statut avantageux, ne fait pas partie des plus hautes sphères du royaume. Il a cependant pris à son service un groupe d’Armures, et ce depuis son accession au rang de Seigneur de la maison Amane, avant même ma naissance. Ils gardent une porte mystérieuse  dans une ancienne aile de la forteresse. A par mon père, personne n’a jamais su ce que ces Armures gardaient, et il est fort probable que ces derniers ne le sachent pas non plus.

                J’avais interdiction de me promener dans cette aile du château, et il faut bien avouer qu’à 5 ans, je me fichais pas mal de ce qui pouvait bien se trouver au-delà de cette porte. Un jour, alors que je courais dans le château, une épée en bois à la main, pourchassant quelques monstres tout droit sortis de mon imaginaire, je percutais quelque chose au détour d’un couloir, et me retrouvais assis par terre, le nez douloureux et l’air hébété. Je me reprenais cependant très vite, ramassant mon épée et la brandissant, cette fois contre ce nouvel ennemi que le destin avait placé sur mon chemin.

« Vil félon, tu payeras pour cet affront » dis-je plein d’aplomb (une phrase qu’un soldat m’avait dit le jour où, pour plaisanter, je lui avais volé son repas dans la salle de repos. Je ne la comprenais pas très bien, mais je trouvais qu’elle sonnait plutôt bien à l’oreille).

                   C’est alors que je levais réellement la tête vers ce que j’avais percuté. J’aperçus tout d’abord une jambe (que je venais visiblement de percuter) qui faisait au moins deux fois ma taille si ce n’est trois, pour autant que je m’en souvienne. Puis le pommeau doré d’une épée, qui davait sûrement peser aussi lourd que moi (rassurez-vous, j’étais déjà maigre pour mon âge), tout en étant plus tranchante évidemment. Ensuite vint le corps de la chose (je ne me risquais pas encore à l’appeler « la personne »). Un torse puissant et des épaules large, si large que je me demandais comment elle pouvait passer les portes (peut-être se contentait-elle de la défoncer en emportant le cadre avec ?). Et enfin, un visage. Du moins, j’imagine qu’il avait un visage sous son heaume, car la visière était abaissée, et une simple fente noire ne laissait même pas voir les yeux de la chose. J’ai déjà vu des chevaliers en armure complète, mon père par exemple, ce n’est donc pas cela qui m’effrayait particulièrement. C’était plutôt l’aura qui s’en dégageait, comme si je savais que cette chose était dangereuse pour moi.

                    Nous restions encore quelques instants immobiles, ce qui me laissa le temps de voir qu’elle traînait un vieil homme derrière lui. Ce dernier semblait dans un sale état et s’était évanoui. Je commençais à trembler de tous mes membres, et manquait même de lâcher mon épée à laquelle je me raccrochais désespérément (maigre défense, j’en conviens, mais que voulez-vous, mieux vaut ça que rien du tout non ?), quand une voix douce mais ferme retenti derrière mois :

« Philios ? Que fais-tu ici ? »

                     Je reconnus immédiatement la voix de ma mère et, contre toute prudence tourna le dos à la chose pour me jeter dans ses bras (les bras de ma mère, pas de la chose ! Pas folle la guêpe !). Je me réfugiais derrière ma sauveuse, en me serrant contre sa jambe (c’est dire ce qu’on peut se permettre à cinq ans…). Elle posa une main protectrice sur ma tête, et s’adressa à la chose :

« Que se passe-t-il ? Qui est cette personne ?
-Un intrus, ma dame. Je le porte à votre époux.»

                    La voix de la chose était grave, caverneuse, et résonnait comme si la totalité de son armure avait été vide. On aurait dit une voix de démon. Ma mère acquiesça et le laissa passer. Il (ou elle) continua sa route sans même nous jeter un regard, traînant le corps sans connaissance du vieil homme.

                Cet épisode resta à jamais gravé dans ma mémoire.




------------------------------------------------------------------ 

 
Voilà voilà Smile  
 
Si vous avez des remarques ou des suggestions n'hésitez pas ! Je posterai les textes ici avant de les soumettre à mon Maître de Jeu (puisqu'ils serviront de base au développement de mon personnage), alors si vous avez des idées pour l'améliorer, lâchez vous^^ 
 


Dernière édition par Arik le Ven 3 Avr - 17:14 (2015); édité 1 fois
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MessagePosté le: Ven 3 Avr - 09:44 (2015)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 3 Avr - 12:35 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Ce n'est pas spécialement long, ce n'est pas la peine de couper tes autres récits, s'ils font à peu près la même taille que ton prologue. 
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Arik
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MessagePosté le: Ven 3 Avr - 17:11 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Effectivement, je voyais ça plus long sous word, mais ça passe plutôt bien en fait^^
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litrik
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MessagePosté le: Ven 3 Avr - 21:33 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Pas mal, pas mal. Tu t'es amélioré en écriture depuis le CDA Fowar ! ^^


En tout cas conseil : en littérature on évite le plus possible les parenthèses. 


Sinon :
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MessagePosté le: Sam 4 Avr - 13:26 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

La vidéo est bloquée, mais c'était effectivement un clin d’œil à cet épisode (un de mes préféré^^).


Ouais je sais qu'on évite les parenthèses, mais je me disais que ça pourrait aider à cerner la psychologie du personnage en "brisant le 4e mur" (même si c'est plutôt un terme cinématographique ou théâtral). Si vraiment c'est chiant, que ça casse le rythme etc. je les enlèverai (de toute façon le personnage va être amené à évoluer psychologiquement).


 
Citation:
Pas mal, pas mal. Tu t'es amélioré en écriture depuis le CDA Fowar ! ^^ 



Merci^^
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MessagePosté le: Dim 5 Avr - 12:13 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Pour briser le 4eme mur, tu pourrais réduire un peu le nombre d'aparté tout de même, ça rendrai le texte plus lisible.
De plus tu peux remplacer les parenthèses par du texte en italique ! ^^
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MessagePosté le: Mer 8 Avr - 13:10 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Plop !

Voici la première partie de la phase d'exposition. La suite viendra dès que j'aurai eu le temps de l'écrire^^

Chapitre 1 (PoV: Philios)
  


 
 
            Etre le fils d’un seigneur, ce n’est pas de tout repos. Oh j’ai des avantages, c’est sûr, mais j’ai aussi de nombreuses contraintes. Comme les entraînements au maniement des armes par exemple. Notre maître d’arme est un homme sec, prompt à se mettre en colère et avare en compliment. D’autant que je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler un combattant aguerris. Certes je n’ai que dix ans, mais la plupart des autres jeunes nobles que j’ai vu combattre savaient au moins tenir une épée correctement. Physiquement, je suis plutôt grand pour mon âge, mais surtout très maigre, ce qui me donne une allure d’épouvantail. Et je peux vous assurer que j’ai l’air parfaitement ridicule une fois affublé d’une armure d’entraînement et d’un bouclier deux fois plus lourd que moi.
 
            Lorsque le maître d’arme se lasse de me voir tenter des mouvements de débutants sans succès, il me libère, non sans m’avoir rabroué bien entendu. Je file donc aux cuisines où m’attends toujours un repas chaud. J’aime bien la cuisine et l’ambiance qui y règne. Les personnes qui y travaillent, des serviteurs, me connaissent depuis que je suis tout petit, et j’apprécie leur compagnie. Mais la pièce que j’adore par-dessus tout, c’est la bibliothèque. On peut y trouver tout ce qu’on veut ! Des récits d’aventures, des textes qui traitent de tout et n’importe quoi… J’aime apprendre, et je ne me lasse jamais de lire tout ce qui me tombe sous la main. Ce comportement m’a été en grande partie inculqué par mon précepteur, Christophède. C’est un petit homme, la quarantaine, grisonnant, une barbe de plusieurs jours lui recouvre les joues, et ses yeux semblent toujours vous analyser de pied en cape dès qu’il vous regarde. Mais c’est un homme extrêmement sympathique. Je ne sais pas d’où il vient, mais son allure me pousse à penser qu’il n’est pas de haute naissance. Il se comporte toujours bien avec les serviteurs et autres petite gens, et sa connaissance de l’étiquette est parfaite, si bien qu’il ne dénote pas dans un dîner mondain. D’ailleurs en termes de connaissance, il surpasse toutes les personnes que je connais. Il est un véritable puits de savoir, et c’est toujours un plaisir de l’écouter disserter sur des sujets aussi variés que le travail du métal ou l’histoire du royaume. En ce moment nous voyons la géométrie, et les différents théorèmes me fascinent.
 
            Mais comme je le disais précédemment, je ne fais pas que des choses qui me plaisent. La dernière lubie de ma mère, ça a été de me faire poser pour que l’on peigne mon portrait. Mais le véritable calvaire, c’est lorsque je dois me plier aux séances d’essayage, qui reviennent beaucoup trop régulièrement à mon goût. Et oui, en tant que fils héritier de la Maison Amane, je me dois d’être correctement, comprenez « richement », habillé. Surtout lorsque je dois rencontrer d’autres familles venues en visite. La plupart du temps, ils souhaitent juste s’entretenir avec mon père, mais il arrive que certains viennent présenter leurs filles. Ils espèrent certainement arranger des fiançailles entre nos deux maisons, et si ma mère semble enchantée à chaque fois qu’une jeune demoiselle passe les portes du château, cela ne me fait généralement ni chaud ni froid.
 
            Mais le pire, c’est lorsque je dois côtoyer mon père. Il me fascine et me terrifie en même temps. C’est un homme grand et bien bâti, la barbe et les cheveux bruns, un nez aquilin et des yeux de braises. Second fils du seigneur de la maison Amane, il se contentait à l’époque de diriger les troupes de la maison, alors que son frère se préparait à prendre la place de leur père dès la mort de celui-ci. Malheureusement, seigneur et héritier moururent au combat peu avant ma naissance, et c’est donc mon père, Phileas, qui prit la tête de la maison. A chaque fois qu’il me regarde, j’ai l’impression qu’il me jauge, me juge, puis se détourne rapidement avec une moue de dégout, comme s’il doutait que je sois son fils, ou souhaita que je ne le sois pas. Il faut dire que physiquement je n’ai hérité que de sa taille, et là où la stratégie militaire le passionne, je préfère la connaissance.
Bref, comme vous l’avez compris, ma vie est plutôt bien remplie. Je suis en bons termes avec tout le monde.  Les serviteurs semblent m’apprécier, il faut dire que ma mère, sous ses allures de princesse au port altier, m’a appris à bien me comporter avec tout le monde. Ah, ma mère ! J’ai oublié de vous la présenter. Elle s’appelle Aliénor, elle est grande et belle, ses cheveux sont d’or et sa peau douce. Elle ressemble à une reine et aucune reine ne lui ressemble. Elle se tient toujours bien droite et regarde droit devant elle. C’est elle qui m’a appris l’étiquette, et parfois elle se joint à Christophède pour me faire cours. Elle aussi connaît de nombreuses choses, et elle semble s’être liée d’amitié avec mon précepteur. Elle gère nos terres aux côtés de mon père, son mari, et s’occupe généralement de l’intendance et des réceptions.
 
C’est d’ailleurs avec elle que je me trouve aujourd’hui. Nous sommes dans ma chambre en compagnie d’une vieille dame qui prend mes mesures afin de me confectionner de nouveaux vêtements. Elle plante des épingles dans le tissu, et l’une d’elle me pique. Je retire vivement mon bras, tandis que ma mère me reprend :
« Philios, cessez donc de gigoter ainsi, vous n’êtes plus un enfant à présent.
 
-Mère, cette torture est-elle vraiment nécessaire ? Dis-je en soupirant. J’ai déjà de nombreux vêtements qui me conviennent parfaitement, je n’ai pas tant grandi que ça depuis la dernière fois.
 
-Dois-je vous rappeler que vous êtes sensé rencontrer le Comte et sa famille dans deux semaines ?
 
-Et par famille j’imagine que vous voulez dire sa fille ?
 
-Et bien, il faut avouer que la jeune Adélaïde ferait un bon parti, très bon même, mais le Comte vient avant tout pour une affaire diplomatique qui concerne votre père.
 
-Et il amène avec lui toute sa famille ? Mère, vous savez bien que je suis jeune, pas idiot. Ils viennent voir d’eux même si nos fiançailles pourraient leur être utiles. Et il faut avouer que dans la théorie c’est bien le cas. »
 
Ma mère avait affiché un petit sourire en coin presque narquois tout le long de la conversation, sourire qu’elle abandonna avant de se pencher vers moi et en me fixant intensément.
 
« Ah oui ? Dit-elle en faisant semblant d’être étonnée. Qu’est ce qui vous fait dire cela ?
 
-Par principe, ils n’auraient pas d’utilité à marier leur premier fils à une fille d’un statut moins élevé que le leur, à moins que la famille n’apporte une dot vraiment importante. Mais en l’occurrence, marier une fille au fils héritier d’un puissant baron pourrait leur être favorable. D’autant que la famille de ce fils ne manquerait pas l’occasion de se rapprocher un peu plus de son suzerain, en liant leurs deux maisons. Ainsi les deux familles sont gagnantes.
 
-Bonnes déductions jeune homme. Vous savez donc ce que vous avez à faire ?
 

-Oui mère, je me dois de faire bonne impression auprès du Comte, et doit me comporter de la meilleure des manières avec sa fille. Même si cela implique de subir l’épreuve des épingles, dis-je en levant les yeux au ciel. »
 
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MessagePosté le: Mer 8 Avr - 18:28 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Des récits d'aventure au moyen age ?A part la bible et des écrits recopiés et traduits des philosophes grecs il n'y a pas grand chose dans les bibliothèque à cette époque.
A la rigueur il y a bien quelques pamphlet érotiques ou satyrique mais gère plus.


Sinon pourquoi pas ? J'aime beaucoup, j'attends la suite.
Dommage que ça se passe dans un univers que je ne connais pas, je n'en saisi pas toutes les subtilités, mais au moins j'apprends et je découvre !
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MessagePosté le: Mer 8 Avr - 19:26 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Quand je dis récit d'aventure, ce n'est pas au sens roman, mais plus récit historique, genre les Croisades (ça se passe vers le 12e siècles, je n'ai pas de dates précises pour l'instant). Après ce n'est pas juste l'Europe du Moyen-Age telle qu'on la connait, mais une Europe plus fantastique, donc peut y avoir des trucs qui changent^^


C'est bien de découvrir au fur et à mesure, c'est plus drôle ! Et de toute façon le monde n'est pas du tout définit, donc je le découvre au fil du temps aussi x)
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MessagePosté le: Mer 8 Avr - 19:55 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

J'imagine des chevaliers templiers qui de battent à la masse en la gloire de dieu et qui invoquent des pouvoirs magiques comme les prêtres de Sigmar ! ^^
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MessagePosté le: Sam 11 Avr - 22:40 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Ça parle d'hommes musclé et mystérieux... J'aime bien ! Beaucoup même ! 
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MessagePosté le: Dim 12 Avr - 19:43 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Musclé je ne sais pas, mais mystérieux c'est sûr^^


Voilà la suite ! Ça se termine un peu brusquement parce que je n'ai pas encore écrit la fin du chapitre, qui promet d'être un peu plus long que les précédents.


Pour info, les noms des de Millau (Comte et compagnie) sont authentiques, à part celui d’Adélaïde que j'ai inventé. Par contre ils ne correspondent peut être pas nécessairement à l'époque dans laquelle on va jouer (je sais que c'est 12e siècle, mais je n'ai pas de date précise).




Chapitre 2 (PoV Philios) 

 
Nous attendons le Comte Richard de Rodez dans la cour de notre forteresse. Le temps est au beau fixe en ce début d’été et une légère brise vient nous caresser le visage. Mon père et ma mère sont là bien entendu, ainsi qu’une multitude de soldats en arme et de chevaliers vêtus de leurs plus beaux atours. Je sais que les serviteurs ont travaillés d’arrache-pied afin que tout soit prêt pour cette visite. J’ai moi-même dû me plier aux exigences de ma mère quant à ma tenue, et revête à présent un pourpoint de soie et des chausses de grande qualité. Les armes de la maison Amane, un oiseau moqueur sur champ rouge, sont cousues au niveau du cœur, et la couleur bleu nuit du tissus me donne fière allure il faut l’avouer.  

 
La troupe du Comte a été aperçue quelques minutes plus tôt, et depuis tout le monde attend leur arrivée dans le silence. Ma mère est à la gauche de mon père, et moi à sa droite, une place que j’occupe rarement tant mon père semble se désintéresser de moi. Mais aujourd’hui est un jour spécial, il faut faire bonne impression devant le Comte et sa famille, et en tant qu’héritier c’est moi qui ai la place d’honneur, du moins en l’absence du Comte lui-même. D’ailleurs, les voilà qui arrivent. Deux chevaliers traversent le pont-levis et passe la porte en premier. Ils tiennent chacun une bannière avec les armes de Rodez, un lion d’or sur champ rouge, cousues dessus. Après eux viennent deux hommes richement vêtus et chevauchant chacun un magnifique cheval à la robe d’un blanc éclatant. L’un est un peu plus vieux que mon père, tandis que l’autre doit avoir tout au plus une quinzaine d’années. Je suppose qu’il s’agit du Comte et de son fils. Ils sont flanqués par deux autres chevaliers qui leur laissent deux pas d’avance. Viennent ensuite des hommes d’arme puis un carrosse, et enfin toute une procession de serviteurs. 

 
Le groupe s’arrête devant nous, et l’un des porteurs de bannière s’exclame d’une voix forte : 

 
« Henri III de Millau, Comte de Rodez et Vicomte de Carlat, et son fils, Hugues de Millau, héritier du Comté de Rodez et du Vicomté de Carlat !» 

 
Mon père et moi nous inclinons tandis que ma mère fait la révérence. Lorsque nous relevons la tête, deux chevaliers se tiennent devant le carrosse et aident ses occupantes à descendre. Le porteur reprend : 

 
« Dame Adèle de Millau, Comtesse de Rodez et Vicomtesse de Carlat, épouse d’Henri III de Millau, et leur fille Adélaïde. » 

 
Nous nous courbons une fois de plus tandis que tout ce beau monde nous rejoint sur le plancher des vaches. Le Comte s’approche finalement de nous. C’est un homme grand et puissamment bâti à l’image de mon père. C’est d’ailleurs vers ce dernier qu’il se dirige. Il s’arrête à un pas de lui et l’observe, droit dans les yeux. Mon père, et c’est tout à son honneur, ne détourne pas le regard. Soudain, un sourire éclaire le visage du Comte tandis qu’il prend mon père dans ses bras, en lui donnant de vigoureuses tapes dans le dos, tapes qui m’auraient brisées en deux si j’en avais été la cible. 

 
« Ah mon vieil ami ! Quel plaisir de vous revoir ! » Lance le Comte. Il a une voix puissante et basse, semblable au bruit que ferai une charge de cavalerie.  Mon père lui rend ses tapes et lui répond : 
« Tout le plaisir est pour moi, vous le savez bien. Et voici donc Hugues ? Vous avez bien grandi depuis la dernière fois que nous nous sommes rencontrés jeune seigneur. » 

 
En effet, le fils du Comte tient vraiment de son père. Grand, les épaules larges, on peut déjà distinguer en lui l’homme qu’il sera dans quelques années. Le Comte et mon père échangent quelques amabilités, présentent leurs femmes, ainsi qu’Adélaïde, la jeune fille du Comte et de la Comtesse. Elle semble avoir mon âge. Habillée dans une jolie robe bleue, ses cheveux blonds sont tirés en arrière et retenus par un chignon. Elle est plutôt jolie, et ses yeux du même bleu que sa robe me fixent. Je me sens rougir. Puis vient le moment de me présenter. C’est ma mère qui se charge de m’introduire. Elle me pousse gentiment dans le dos, m’obligeant à faire un pas en avant, puis souriant à nos hôtes dit : 

 
« Voici Philios, notre fils et héritier de la baronnie d’Amane. 

 
-Messires, ma dame, ma demoiselle, c’est un honneur pour moi de vous rencontrer. » Dis-je en m’inclinant encore une fois, ce qui a le mérite de m’empêcher de croiser une nouvelle fois le regard d’Adelaïde. Lorsque je relève la tête, mon père jette sur moi son habituel regard désintéressé, tandis que le Comte m’observe avec insistance. Son fils a lui aussi les yeux rivés sur moi, et un sourire condescendant étire ses lèvres. Sa sœur ne m’a toujours pas lâché des yeux. Tous ces regards me mettent mal à l’aise. Heureusement, mon père met fin au calvaire, inconsciemment bien entendu, en invitant nos hôtes à rejoindre leurs quartiers où les attendent de quoi se reposer et se préparer avant le repas du soir. 
 
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MessagePosté le: Dim 12 Avr - 21:06 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Mr Gringalet va se marier ! Et il est tout timide ! XD

J'ai pensé au premier épisod de Game of Thrones, avec Ned Stark et Robert Barrathéon.
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MessagePosté le: Dim 12 Avr - 21:16 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Encore un clin d’œil de trouvé, bien joué^^
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MessagePosté le: Lun 20 Avr - 14:57 (2015)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica Répondre en citant

Fin du second chapitre ! Désolé, cette partie est un peu plus longue. Je l'avais écrite en deux fois, mais j'ai oublié de poster la première^^

Chapitre 2, suite et fin 

 
Il n’y a pas, à mon avis, situation plus délicate et plus gênant qu’un repas officiel avec une famille de rang supérieur. Tout le monde se tient bien droit, raide comme une lance, et personne ne semble vouloir émettre le moindre son de peur d’attirer l’attention sur lui. Tout le monde mange lentement, n’osant pas paraître manquer de respect à quiconque, ce qui rend vraiment la scène à la fois triste et hilarante. Nous avons l’air parfaitement ridicules. Le Comte entame la conversation avec mon père, et la tension ambiante se relâche enfin. Adelaïde, assise en face de moi pour mon plus grand malheur, ne m’a pour ainsi dire pas lâché des yeux depuis le début du repas. Son frère, Hugues, est assis à côté de moi, et nous jette des regards moqueurs. Il se penche soudain vers moi pour me parler :


               « Et bien très cher Philios, que diriez-vous de vous mesurer à moi, l’épée au poing ce soir ? Je serai ravi de voir comment vous vous… débrouillez, dit-il avec un nouveau sourire condescendant.


               -Messire Hugues, vous êtes, il me semble, bien plus vieux et plus fort que moi, et vous vous entraînez au maniement de l’épée depuis bien plus longtemps j’en suis sûr, répliquais-je avec calme, ce qui est déjà un exploit vu comme ce fanfaron m’exaspère. Je suis persuadé que vous ne feriez qu’une bouchée de moi, et le spectacle ne serait même pas intéressant pour les quelques spectateurs qui seraient présents.


               -Vous vous défilez face au premier adversaire venu ? Ce n’est pas l’attitude d’un chevalier, ni d’un futur seigneur, et ce n’est pas comme cela que vous impressionnerez ces dames mon jeune ami. Mais il faut bien avouer que vous êtes bien maigre et certainement trop mou pour prétendre à ces titres. Il faut de la poigne pour être baron, et votre père en a assurément. Vous en revanche semblez avoir à peine assez de force pour porter ces aliments à votre bouche. Le Baron est-il vraiment votre père ? Je veux dire, loin de moi l’idée de traiter votre mère de catin, mais il est clair que pour vous donner naissance elle a dû réchauffer un autre lit que celui de messire Phileas, ajouta-il tout bas »


               Ce petit prétentieux commence vraiment à m’énerver. D’abord il me rabaisse et ensuite il insulte mes parents, je ne peux rester là sans réagir. Je sens la rage couler en moi, jamais je n’ai été aussi en colère. Je me lève et d’une voix forte, que j’espère assurée, je dis :


               « Hugues de Millau, j’accepte ton défi. Nous nous battrons ici-même. Que l’on nous apporte le matériel nécessaire. »


               Toutes les conversations se sont arrêtées, et tout le monde me regarde, à croire que ça devient une habitude. Le Comte et mon père ne semblent pas surpris, alors que ma mère a les yeux écarquillés. Il faut dire que je ne l’ai pas vraiment habituée à ce genre de comportement. A l’autre bout de la table, je croise le regard de Christophède, qui a pris part au repas sur invitation de ma mère. Lui aussi m’observe, mais je peux voir l’intérêt dans ses yeux, comme s’il avait attendu ce moment depuis longtemps.


               Nous dégageons un espace suffisant pour livrer combat, puis enfilons nos armures d’entraînement. On nous fournis aussi une épée émoussée et un petit écu. Mon adversaire affiche toujours son petit sourire moqueur et son air suffisant qui me mettent hors de moi. Je sais que je n’ai aucune chance contre lui. J’ai agis sur un coup de tête et à présent je vais me ridiculiser devant tout le monde.


               Nous commençons à nous tourner autour, nous regardant droit dans les yeux. Soudain il passe à l’attaque et je n’ai même pas le temps de lever mon bouclier que son épée vient me frapper le bras. Le combat se déroule en trois touche, et il en a déjà marqué une, c’est mal parti pour moi… Je reprends mes esprits  et ma place, et nous recommençons à nous observer. Cette fois c’est moi qui prends l’initiative. Je tente une feinte sur la droite, et dévie la lame au dernier moment afin de le frapper à l’aine. Son écu vient à la rencontre de mon épée et il me repousse sans effort. Il contre-attaque rapidement en me fauchant les jambes et je me retrouve à terre. Deux touches à zéro. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Je me relève tant bien que mal, tandis qu’Hugues fanfaronne et se moque de moi. Cette fois s’en est trop ! Je vais montrer à cet imbécile de quoi je suis capable ! J’attends à peine que mon adversaire se soit replacé que je me jette sur lui, porté par ma colère. Je ne pensais même pas être capable d’un tel exploit tant mon attirail pèse lourd, et pourtant je suis sur lui en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. De son côté il est lent à réagir, comme s’il ne m’avait même pas vu arriver. Je le percute de mon écu et brise sa garde, tout en lui portant un coup de taille à hanche. Il recule d’un air éberlué. Il me regarde d’un œil neuf, et on dirait même qu’il a pâlît. Je me replace rapidement pour le prochain assaut. C’est encore moi qui prend l’initiative. Mes coups ne sont pas précis ni puissants, et pourtant Hugues semble en grand difficulté, comme s’il n’arrivait pas à les prévoir. Je pousse mon avantage et lui porte une estocade alors que sa garde est complètement ouverte. Deux à deux. La dernière passe est la plus étrange de toutes. Hugues me charge rapidement tout en frappant de haut en bas… et me loupe lamentablement de près de deux pieds. Je n’ai plus qu’à le frapper dans le dos du plat de lame pour le faire trébucher et remporter le duel.


               Dans un autre contexte cette scène aurait pût être drôle, mais en l’occurrence personne ne semblait vouloir rire. Les spectateurs nous regardaient plutôt d’un air étonné. Il faut bien avouer que je n’ai pas une bonne réputation de bretteur contrairement à Hugues. L’avoir défait si facilement relève du miracle et seul Christophède semble content de la tournure des évènements. Bon gagnant, je m’approche de mon adversaire toujours à terre afin de l’aider à se relever, mais au moment où je lui tends ma main il la repousse et recule vivement. Au même moment nos yeux se croisent, et ce n’est pas de la haine que j’y vois, comme on pourrait s’y attendre, mais de la peur. Moi, Philios de la Maison Amane, terrifie le fils de mon suzerain. C’est à n’y rien comprendre.


               Je me débarrasse de mon équipement et retourne me rassoir à la table. Mais quelque chose ne va pas. Tout le monde semble mal à l’aise. Encore plus qu’auparavant j’entends. Lorsqu’Hugues reprend sa place, il se tient le plus éloigné de moi possible. Autour de moi les convives semblent gênés. La plupart jettent de fréquents coups d’œil autour d’eux, comme s’ils s’attendaient à voir débarquer quelqu’un venu annoncer l’arrivée d’un troll (ou du roi, ce qui aurait plus ou moins le même effet). D’autres ne cessent de se frotter les bras, de passer leur main dans leur cheveux, comme si quelque chose les démangeait. Mon père cumule tout cela en même temps et c’est à la fois hilarant et terrifiant de le voir ainsi.


               Un jeune échanson vient remplir nos verres, et lorsqu’il arrive au mien, sa main tremble tellement qu’il en renverse une grande partie sur la table. Il se répand aussitôt en excuse et file chercher de quoi nettoyer. Heureusement qu’il ne m’a pas tâché, sinon je pense qu’il se serait évanoui de terreur. Philios le Terrifiant, qui l’eût cru ? Pas moi en tout cas. Et c’est là qu’est tout le problème : je ne suis absolument pas terrifiant. Même si j’ai gagné le combat, je ne me suis pas subitement transformé en monstre que je sache.


               Le repas se termine rapidement, la plupart des convives, c’est-à-dire tous sauf moi, étant visiblement pressés de regagner leurs quartiers. Je rejoins donc ma chambre après les salutations et autres amabilités d’usages.
 


Les jours suivants ne ressemblent tous. La plupart des gens semblent mal à l’aise en ma présence, et beaucoup m’évitent, même inconsciemment. Autre fait notoire, j’ai commencé à faire des rêves étranges. Ils prennent toujours place dans ma chambre, et mettent en scène toute sorte de chose. Parfois ce sont des combats acharnés au milieu d’une bataille, d’autres fois je me retrouve au centre d’une forêt qui ressemble étrangement à la Forêt d’Ayssènes au nord du Tarn. Une fois j’ai entendu une douce douce musique qu’un groupe de saltimbanque avait interprétée une fois lors d’une fête estivale. Au matin, j’entendis des serviteurs parler qu’ils avaient entendu un ménestrel chanter quelque étrange chanson, et qu’ils ne purent lui mettre la main dessus, la mélodie semblant venir de nulle part et partout à la fois.


J’ai pu apercevoir Christophède discuter avec ma mère à voix basse, mais ils ont aussitôt cessé leur conversation lorsqu’ils m’ont vu approcher. Quelque chose ne va pas, et il faut que je sache quoi. Je me remémore les différents évènements qui nous ont amenés à cette situation, et en conclu qu’il a dû se passer quelque chose pendant ou après mon duel avec Hugues. Ce qui m’avait semblé étrange pendant le combat, c’est que mon adversaire, qui semblait si sûr de lui au début, avait perdu tous ses moyens lorsque je me suis mis sérieusement en colère. Pourtant je ne suis pas si impressionnant que ça, si ? Je pense que la solution à ce mystère réside dans mon état d’esprit du moment. Il est clair que ma colère a déclenché quelque chose, et cela a peut être un rapport avec les rêves étranges que je fais chaque nuit.


Je décide donc de tenter quelque chose. Un matin, alors que le Comte et sa famille sont partis depuis deux jours, je m’isole dans ma chambre et m’assoie en tailleur sur le sol. Je tente de faire le vide en moi tout en stabilisant ma respiration. Christophède m’a appris que c’était une technique utilisée dans certains pays orientaux afin d’entrer dans une sorte d’état second. Peut-être que cela fonctionnera pour moi aussi ? Je ferme les yeux et tente de trouver en moi la réponse à mes questions. Le temps passe, j’en suis sûr, mais je serai incapable de dire si cela fait une minute ou une heure que je suis immobile, lorsque j’entends un son. Il est d’abord faible, mais je ne tarde pas à le reconnaître. Il s’agit d’un oiseau, non, de plusieurs ! J’ouvre les yeux, et ils sont là. Deux moqueurs, semblables à celui cousus sur mes vêtements, voletant dans ma chambre. Comment sont-ils entrés, je n’en ai pas la moindre idée, mais le fait est qu’ils m’ont coupés dans mes recherches. Comment pourrais-je me concentrer avec un tel boucan ? Soudain j’entends deux coups frappés à ma porte. Je me retourne vivement tandis qu’un serviteur me fait savoir que le repas du soir sera servi dans quelques instants. Le repas du soir ? Je jette un œil par la fenêtre, et me rend effectivement compte que le soleil est bas à l’horizon. J’ai donc passé toute la journée enfermé ? Je me lève afin de me dégourdir les jambes et… m’arrête brusquement. Les moqueurs ont disparus.
 


C’est la première fois que je mange seul avec mes parents depuis que le Comte est reparti. A peine sommes-nous réunis que déjà mon père me regarde d’un air étrange. Je le sens une nouvelle fois mal à l’aise d’être en ma présence, mais vois aussi une lueur mauvaise dans son regard. Nous commençons à manger, tandis qu’il se met à déchiqueter vigoureusement sa viande. La colère peut se sentir dans chacun de ses gestes, et au bout de quelques minutes, il ne peut plus se contenir, et la laisse éclater :


« Lequel de vous deux ose utiliser la sorcellerie sous mon propre toit ! » Hurle-t-il à ma mère et à moi-même. Je me recroqueville sur ma chaise, espérant me faire oublier. Mais mon père se lève et me saisit le bras, m’obligeant à me lever à mon tour.


« C’est toi n’est-ce-pas ? » Son visage est si proche du mien que je peux voir que ses yeux sont injectés de sang, et qu’une veine palpite sur son front. Je suis tellement terrifié que je me débats à peine. Ma mère vient à mon secours, le suppliant de me lâcher. Pendant une fraction de seconde, je vois le regard de mon père retrouver son éclat habituel, mais la noirceur qui l’habite depuis que je suis entré dans la salle reprend le dessus. Il se retourne vivement et gifle ma mère, la faisant tomber à terre. La colère m’envahit alors, comme lors du duel contre Hugues. Je sens la même puissance parcourir mes veines et affluer en moi. Mon père se tourne de nouveau vers moi, et lorsque son regard arrive à ma hauteur, il pousse un cri de surprise et me lâche aussitôt.


« Toi ? C’est impossible ! Tu… tu es mort ! Je t’ai tué ! » Dit-il en regardant un point juste au-dessus de ma tête. Je comprends qu’il voit quelque chose à l’endroit où je me tiens. Quelque chose qui n’est pas moi, et qui le terrifie. Je pousse mon avantage en avançant vers lui. Il recule et cherche sa dague, restée sur la table. Une fois dans sa main il la tient devant lui, comme un ultime rempart entre lui et son pire cauchemar. Arrivé auprès de ma mère, je me baisse afin de l’aider à se relever. A peine est-elle debout que je me sens faiblir. Mon père me regarde de nouveaux avec des yeux écarquillés. On dirait que l’illusion salvatrice s’est estompée. Mais il n’a pas le temps de faire un pas dans ma direction que ma mère m’emmène déjà vers la sortie. Elle ouvre la porte et sort rapidement, me trainant presque derrière elle. Dans la salle à manger, mon père hurle des ordres pour qu’on nous arrête. Mais ma mère semble briller d’une aura puissante, et tous les gardes que nous croisons, s’ils font mine dans un premier temps de nous barrer la route, se ravisent une fois arrivés à notre hauteur, et nous laissent passer sans faire d’histoires.


Nous arrivons finalement dans la cour où nous attendent une dizaine d’archers. Nous nous arrêtons devant eux, tandis qu’ils nous tiennent en joue. Ma mère se place devant moi, me protégeant de son corps. Les secondes se passent, et finalement l’aura de ma mère semble gagner en puissance, jusqu’à frapper nos assaillants qui lâchent aussitôt leurs armes, et nous forment une sorte de haie d’honneur. Mais nous avons à peine le temps de profiter de cette victoire que des bruits de pas lourds retentissent derrière nous. Mon père surgit du château, avec sur ses talons, un être que j’aurai préféré ne jamais revoir : un Armure. Il est exactement comme dans mes souvenirs. Grand et puissant dans son armure de métal sombre, il jauge la scène du regard (du moins j’imagine que c’est ce qu’il fait sous son heaume). Mon père s’écrie alors :


« Ramenez les moi, morts ou vifs ! »


L’Armure se met donc en route. Il fait un pas vers nous tout en tirant son immense épée du fourreau. Ma mère se place de nouveau devant moi. L’Armure n’est plus qu’à quelques pas lorsque j’entends un bruit provenant de l’écurie. Je me retourne juste à temps pour apercevoir deux chevaux sellés en sortir, l’un sans cavalier et l’autre monté par Christophède. Ma mère me pousse en arrière et me dit doucement :


« Vas mon fils, je me charge de tout.


-Mère, je…


-Ne t’occupe pas de moi. Et n’oublie pas, quand tu sauras tout, ne m’en veux pas. »


Sur ces mots mystérieux, elle me repousse encore une fois et s’avance d’un pas décidé vers l’Armure, comme si elle allait l’affronter en duel. Christophède arrête les chevaux à ma hauteur et m’aide à monter sur le mien. Je ne peux m’empêcher de me retourner une dernière fois vers ma mère. Je la vois aux prises avec son adversaire, mais c’est un duel plutôt étrange. En effet, l’Armure a tenté d’abattre son épée de haut en bas, mais l’aura de ma mère l’a stoppée dans son élan, et à présent c’est un véritable bras de fer en ces deux puissances qui se joue sous mes yeux. Pendant un moment je me dis même que ma mère va le remporter, jusqu’à ce qu’une aura semblable à celle de ma mère, mais en beaucoup plus sombre, ne jaillisse de l’Armure, absorbant complètement celle qui l’empêche de terminer son geste. Alors tout se passa très vite. Des années plus tard j’entendrai encore le bruit que fit la lame en pénétrant la chair, brisant les os, découpant en deux le corps de ma mère. Je suis sûr que cette vision me hantera pour l’éternité, si ce n’est plus. Je me rendrai compte plus tard que j’ai hurlé, tant ma gorge me ferai mal pendant des jours, mais pour l’instant je suis comme dans une bulle, le monde extérieur ne semble même plus pouvoir m’atteindre.


Un mouvement brusque de mon cheval me ramène sur Terre, et Christophède prend les devants en fonçant vers la porte… fermée ! Nous avons à peine le temps de prendre de la vitesse qu’il se lève sur ses étriers, tend la main vers la porte et hurle un mot que je ne comprends pas. Un bruit semblable au tonnerre retentit, et la porte vole en éclat, nous permettant de nous enfuir dans la nuit.
 
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:07 (2017)    Sujet du message: [Background] Philios Amane - Ars Magica

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